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Niveau : initié

Les étés se suivent et ne se ressemblent pas. Et au sein d'un même été, il est également possible de constater de grandes différences.


Photo : A.-M. De Kesel


Corrélation entre température et ensoleillement

En été, il existe une assez grande corrélation entre la température et l'ensoleillement. Presque tous les mois d'été très ensoleillés ont été chauds, voire très chauds. Cette corrélation n'existe déjà plus en septembre, et certainement pas en octobre. Les mois d'automne ensoleillés peuvent être chauds comme ils peuvent être frais. En hiver, la situation s'inverse même, les mois ensoleillés ont tendance à être froids. Ce qui veut dire que pendant la mauvaise saison, la chaleur nous arrive indirectement, par le biais de vents en provenance de contrées plus clémentes.
En été, par contre, le réchauffement de notre sol par le soleil est souvent déjà suffisant pour générer une journée chaude. L'influence des masses d'air est certes encore importante, mais passe au second plan. Une journée d'été par ciel couvert ne donnera guère plus de 20°C, même par air tropical, alors qu'une journée bien ensoleillée donnera généralement une température plus chaude même par air polaire.


On peut donc résumer sommairement que l'été sera chaud s'il est ensoleillé, et que pour être ensoleillé, il faut qu'il y ait absence de perturbations atlantiques.

Influence du jet stream

Le responsable principal de l'arrivée ou non des perturbations atlantiques est le jet stream.

Si le jet stream demeure assez fort en été, il a tendance à souffler de façon plus ou moins rectiligne, d'ouest en est : il favorise le passage
- des perturbations avec différents noyaux dépressionnaires circulant au nord de nos régions
- et des cellules issues de l'anticyclone des Açores restant bien au sud, sur la Méditerranée.
C’est l’été pourri chez nous !


Stratocumulus doublés de cumulus

Ciel typiquement belge entre deux perturbations. Des couches stables et instables alternent.
Le développement des cumulus se trouve arrêté en-dessous des nappes de stratocumulus.
Grâce au soleil d'été, des éclaircies se manifestent plus tard en journée avec également un risque d'averse.
Photo : R. Vilmos (02 août 2006)

Lorsque ce jet stream ralentit, il a tendance à onduler, et aussi à remonter vers le nord. On retrouve alors une alternance de crêtes et de creux, mais le plus souvent, nous restons en régime anticyclonique, les cellules se détachant de l'anticyclone des Açores se dirigeant alors vers nous, tout en continuant à couvrir la Méditerranée également.
C'est le bel été chez nous.

Lorsque le jet stream ralentit encore, des circulations fermées s'en détachent, c'est ce qu'on nomme les situations de blocage.
Un anticyclone d'altitude peut alors se détacher et rester des semaines bloqué sur la Scandinavie. Mais une dépression d'altitude peut aussi se détacher vers le sud et y former une "goutte froide", responsable d'averses et d'orages à répétition en Méditerranée.
Dans cette situation, c'est généralement le bel été aussi, chez nous, sauf si par malheur l'une de ces "gouttes froides" (dépressions en altitude) reste justement bloquée sur nos têtes. Mais là encore, il s'agira plus d'averses que de pluies continues, comme celles qui nous proviennent de l'Atlantique.


Ciel de la Cité Ardente juste avant une averse orageuse "costaude".
Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne s'agissait pas d'orage de "chaleur" (T° 15°C),
cette forte averse trouvant son origine
dans une "goutte froide" en altitude qui s'est centrée près de la Belgique
juste avant ce week-end du 15 août..
Photo : P. Hansoul (11 août 2006)


Un autre cas de figure est l'anticyclone constamment bloqué sur l'Irlande, avec chez nous des vents du nord qui nous ramènent beaucoup de stratocumulus alors que l'air est chaud au-dessus de l'inversion.

En résumé :
si le jet stream est rectiligne notre été est pourri
si le jet stream ondule ou forme des circulations détachées notre été est le plus souvent beau

Eté extrême

Pour passer d'un bel été à un été extrême, il faut que d'autres conditions entrent en jeu.
L'origine de l'anticyclone, puis son positionnement peuvent faire toute la différence. Un anticyclone coincé sur la Scandinavie et qui n'en bouge pas ne nous apporte pas la canicule. Les vents soufflent en constance de nord-est, il fait très beau mais la température se contente de valeurs de 28 à 30°C.
Des anticyclones sur l'Europe centrale génèrent des vents de sud-est nettement plus chauds. Mais l'origine de l'anticyclone a aussi toute son importance : par exemple un anticyclone situé sur la Scandinavie peut pourtant générer la canicule, parce qu'il provient à l'origine de régions méridionales et qu'il pousse vers les hautes latitudes des masses d'air très chaudes qui, par après, nous reviennent avec un vent de nord-est. Ce fut le cas de l’été 2006.


Cirrus uncinus
Pendant la canicule (il fait 32°C), on voit des cirrus uncinus dans le ciel.
Photo : R. Vilmos (21 juillet 2006
)

Analyse d’une situation particulière : été 2006

Si on regarde l'animation des cartes sur la page de l'analyse climatologique de juillet 2006 de MeteoBelgique, on peut voir, en simplifiant un peu, que des cellules anticycloniques se détachent régulièrement de l'anticyclone des Açores en se dirigeant vers le nord-est en passant au nord de nos régions. Ceci est soutenu par une vaste crête anticyclonique en altitude, orientée sud-ouest/nord-est également (voire sud-sud-ouest/nord-nord-est). Il y a donc une arrivée massive d'air chaud. Au sol, à l'approche d'une nouvelle cellule, le vent tourne temporairement au nord-ouest, puis au nord, mais cet air n'aura eu que peu de temps pour se rafraîchir au-dessus de la Mer du Nord (il fait encore 28°C). Ensuite, dès que le vent tourne au nord-est et à l'est, la température dépasse les 30°C pour même avoisiner ou dépasser les 35°C lorsque la cellule se trouve à l'est et que le vent tourne au sud, avant l'arrivée d'une nouvelle cellule et d'un vent, à nouveau temporairement orienté au nord-ouest, qui fait à nouveau baisser la température de quelques degrés seulement. En plus, les cellules ont souvent été séparées par d'importants marais barométriques où des zones orageuses ont pu se former, mais où l'air restait chaud dans son ensemble.

En consultant les cartes d'altitude sur le site des archives du DWD , on peut voir que le jet stream ondulait très fort et qu'il était en constance au nord-ouest par rapport à nos régions. De temps en temps, une goutte froide s'en détachait à l'ouest de nos régions, ce qui n'a fait que renforcer les vents du sud avec comme conséquence le record de chaleur du 19 juillet 2006
Vers la fin du mois, on voit que cette crête anticyclonique s'effondre, que le jet stream ondule nettement moins sur l'Atlantique et qu'il prend une orientation moyenne ouest-nord-ouest/est-sud-est, influençant directement notre temps dès le mois d'août : les vents de nord-ouest observés à basse altitude nous ont d'abord amené un temps nettement moins froid, mais beaucoup plus instable que d'habitude par ces courants (températures de 22°C le jour et de 15°C la nuit) en raison des hautes températures de l'eau de la Mer du Nord. Mais l'air atlantique (où la température de l'eau est normale) a fini par nous atteindre en ramenant un temps estival humide et bien frais, typiquement belge.

Anomalies statistiques de l’été 2006

Juin 2006


Photo : C. Deraeymaeker (13 juin 2006)


L'été 2006 a été très particulier à plus d'un égard. Il a commencé de façon très froide. Le 1er juin, la température maximale n'a atteint que 11,3°C, pour ensuite redescendre jusqu'à 3,7°C la nuit du 1 au 2. Ce ne sont pas des records, mais c'est quand même froid pour un début de juin.

Par la suite, le mois a été en dents de scie, avec une vague de chaleur mais aussi des périodes fraîches. En tout, le mois aura quand même été chaud, ensoleillé et sec.

Juillet-août 2006


Altocumulus floccus et castellanus
Altocumulus floccus et castellanus apparaissant au matin dans de l'air tropical direct.
La journée s'annonce torride et, peut-être, orageuse.
Photo : R. Vilmos (26 juillet 2006)


Juillet et août ont été à l'opposé l'un de l'autre : juillet très chaud et avec des records de température qui ont été pulvérisés et un ensoleillement remarquable (presque un record !); août assez frais avec une pluviosité remarquable aussi par son abondance (presqu'un record) et surtout très sombre avec un record du manque d'ensoleillement qui a également été pulvérisé.

Un tel contraste entre juillet et août est une première. Pratiquement tous les mois de juillet chauds à très chauds ont été suivis par un mois d'août au moins assez chaud. Un des plus "mauvais" mois d'août qui a suivi un juillet chaud a été celui de 1994, mais il était encore malgré tout au-dessus des moyennes du point de vue température et insolation.
Ce contraste est essentiellement lié à un très grand hasard : cette année, la période de beau temps s'est étendue exactement sur le mois de juillet tandis que la période de mauvais temps s'est aussi étendue exactement sur le mois d'août, ce hasard se reportant sur les statistiques et donc les records. Si ces périodes s'étaient situées toutes les deux à cheval sur deux mois, elles seraient beaucoup moins apparues dans les statistiques. On aurait certes eu deux mois anormalement, voire très anormalement chauds, avec des précipitations abondantes certes, mais pas exceptionnelles, et une insolation normale (l'un compensant l'autre). Dans ce cas, seule la moyenne de température globale de l'été aurait été remarquablement élevée.

Août 2006


Stratocumulus et cumulus
Des cumulus tentent de percer la couche de stratocumulus.
L'air est maritime et instable dans les basses couches, et tend à le devenir dans les hautes couches aussi.
La température tourne autour des 20°C.
Photo : R. Vilmos (02 août 2006)


Le mois d'août présente encore une autre anomalie. Il a été beaucoup moins frais qu'il n'aurait dû l'être par une telle situation atmosphérique. Le manque d'insolation associé à la constance des courants maritimes, voire polaire-maritimes aurait dû donner l'un des mois d'août les plus froids du siècle. Or on n'a été que peu en-dessous de la moyenne, et surtout pendant la première décade, on a encore observé des journées douces en dépit des courants du nord-ouest. Ceci a été dû, évidemment, à des eaux de la Mer du Nord qui étaient beaucoup trop chaudes à cause du mois de juillet. Dans les îles de la Frise (côté allemand notamment), on a même observé une moyenne de température nettement supérieure aux normes, en dépit du mauvais temps.
Ceci n'est sûrement pas étranger à l'abondance des précipitations. L'air était beaucoup plus instable que d'ordinaire (par situation atmosphérique similaire), ce qui s'est bien vu dans les pluviomètres. Au Pays-Bas, en outre, on a observé de nombreuses trombes marines et là, dans les régions côtières tout au moins, les précipitations ont été encore plus abondantes que chez nous. Le manque d'insolation extrême qu'on a vécu pourrait aussi trouver là son explication, en partie tout au moins.

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